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France

Samedi 15 avril 2006
Le député UDF des Pyrénées-Atlantiques, Jean Lassalle, a fini sa grève de la faim hier matin. C’est finalement après 39 jours et 21 kg en moins que le parlementaire a mis fin à son combat contre le groupe Japonais Toyal. Alors que toute la France suivait de près le combat du CPE, Jean Lassalle, lui, refusait un risque de délocalisation dans sa région, synonyme d’un effondrement économique dans le village concerné.

Au-delà du fond, c’est la forme qui intéresse particulièrement. Comment un homme politique peut dignement en arriver à cela ? N’est-ce pas là un formidable aveu de faiblesse de notre démocratie ?

Je ne le pense pas. En effet, cet acte est d’abord un engagement de confiance entre un élu et ses citoyens. Face à une multinationale, le député à refuser la fatalité du « laisser-faire » économique provoquant de graves conséquences socio-économiques dans de petites régions.

M. Lassalle a permis aux français de voir que la politique n’est pas seulement une guerre politicienne entre personnalités d’un même parti ou de camps opposés, mais aussi un enjeu pour l’intérêt des français eux-mêmes. Evidemment il est triste de devoir faire des actions aussi frappantes pour marquer l’opinion publique, les médias et le gouvernement, mais finalement qui pourra lui reprocher son volontarisme politique ?

À l’heure où chaque parti n’a que 2007 et les sondages en ligne de mire, il est agréable d’avoir un homme politique de cette qualité.
Par aLx
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Samedi 15 avril 2006
Alors que la crise du CPE se termine doucement dans les facultés, la question porte sur l’avenir du 1er ministre. Quel cap pour cette « année utile » ?

La méthode autoritaire de Villepin a été très mal vue par la majorité des français et les sondages enterrent cela. En effet, seuls 3 français sur 10 s’estiment favorables à son action (30% Ipsos – Le point).

Ce contrat, devant à l’origine se nommer "CNE jeune", a été un échec clinquant pour l’ensemble de la droite. Les députés Villepinistes, Xavier Mariton en tête, ont laissé des plumes dans l’affaire du CPE et regrettent que ce dernier n’ait pas été pris par voie d’ordonnance comme pour le CNE. L’effet aurait très certainement été moins fort selon eux.

Cependant l’heure n’est plus aux regrets, mais à l’avenir. Il faut reconstruire la confiance manquante entre le pouvoir et les français. L’enjeu est de savoir comment…

Les vacances pascales arrivent donc au bon moment pour recentrer son action. Mais la marge de manœuvre risque d’être très étroite à moins d’un an de la prochaine présidentielle. Le rebond souhaité risque alors de ne pas se faire. Preuve en est le dossier « anti-tabac », initié par Xavier Bertrand, a été violement repoussé par le 1er ministre. Celui-ci désire une « large consultation sur cette question » et enterre donc, par le jeu de la montre, le projet du ministre de la santé. Certainement trop brûlant après la crise sociale récente du CPE.

Quel thème pourra donc être favorable à un homme qui, de par sa fonction institutionnelle, est forcément impopulaire ?
Par aLx
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Mardi 18 avril 2006
Les vacances se finissent aujourd’hui dans plusieurs zones académiques et les présidents d’universités souhaitent que les étudiants reprennent normalement leurs activités. Pourtant un vent, ou plutôt un souffle lointain, s’est fait ressentir. Comme si la mobilisation n’était pas totalement morte après l’abrogation du CPE.

Nantes et Toulouse semblaient vouloir relancer inlassablement la fibre revendicatrice des étudiants. Finalement les cours auraient en grande majorité repris, y compris à Nantes. La coordination étudiante parle quant à elle de 31 universités perturbées et 18 bloquées. Elle lance le 25 avril et le 1er mai des journées d’action.

Un porte parole du mouvement a déclaré : « Le recul du gouvernement sur le CPE a ouvert une brèche, il est important de le faire reculer davantage sur la précarité ».

Mais ne nous y trompons pas, la fin des manifestions et autres blocages est bel et bien là. Le recul du gouvernement sur le CPE a bien ouvert une brèche, mais pas celle espérée par quelques irréductibles. Majorité d’étudiants ne veulent plus mettre leur année en péril pour une cause qui est déjà gagnée. Et l’élargissement des revendications sur le CNE, la loi égalité des chances dans son ensemble ou encore le futur projet de loi sur l’immigration ne font que diviser les étudiants entre eux.

Alors, ceux-ci se calment et retournent dans leurs amphithéâtres comme si de rien était. La page paraît donc tournée, la question est de savoir jusqu’à quand ?

Par aLx
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Vendredi 21 avril 2006
Le 21 avril, un jour tristement gravé dans l’histoire politique française. C’était il y a 4 ans, Jean-Marie Le Pen obtenait 16,86 % au premier tour et accédait ainsi à une bataille face au président sortant, Jacques Chirac. Pour la première fois dans l’histoire de la V république, un parti extrémiste arrivait avec un tel score à la présidentielle.

Je me souviens avoir été manifesté à l’époque, ce fut ma première « sensibilisation » à la vie politique. Je ne regrette absolument pas ce positionnement car je ne crois pas aux valeurs défendues par la droite nationaliste. L’immigration ne doit pas être un sujet tabou et il faut en parler sans complexe. Cependant l’attitude à tendance négationniste de J-M. Le Pen (cf. « les chambres à gaz sont un détail de l’histoire »), ses comparaisons douteuses du sida par rapport à la lèpre (mai 1987, Antenne 2) ne font qu’ajouter à la polémique du personnage.

Alors pourquoi se souvenir de cette date ? Peut-être, en partie,  parsque tout reste à jouer pour 2007. En effet, l’homme se fait vieux et usé mais reste éternellement présent. Selon un sondage fait conjointement par RTL, Le Figaro et LCI, Le Pen devrait recueillir environ 10 % des voix au premier tour, cela signifie qu’il serait en 3ème position. Du moins si il arrive à obtenir les fameuses 500 signatures. Mais même dans un cas comme celui-ci, son « dauphin non désiré » De Villiers (3 % d’intentions de vote au premier tour) récupérerait alors, en majorité, le précieux électorat.

Ce cas de figure se ferait dans l’hypothèse où l’actuel ministre de l’intérieur et Ségolène Royal s’affronteraient. Ces deux derniers recueillant, au premier tour, respectivement 30 % pour le président de l’UMP -malgré la présence du 1er ministre (6 %)- et 34 % pour la présidente du Poitou-Charentes.
Au second tour, le sondage met un rapport favorable pour S. Royal avec 51 % contre 49 % pour N. Sarkozy.

La gauche doit se souvenir de la débâcle de 2002 et s’unir le plus possible. S. Royal est pour le moment le meilleur atout dont dispose l’ensemble gauchiste car elle rassemble des radicaux aux centristes. Cela constitue sans conteste un nombre de voix très fort, suffisant en tout cas pour battre le candidat de l’UMP si l’on en croit les sondages actuels.

En fait, seuls les « éléphants » du PS ne croient pas en Ségolène puisque Arnaud Montebourg applaudit ce vent frais et Bernard Tapis déclare qu’elle a le mérite d’avoir « remis l’idée que la gauche pouvait gagner à la mode ». Pour ma part je vois un avantage certain de la présence de S. Royal à la présidentielle, celui de pouvoir « vampiriser » un électorat large, ce qui manque cruellement à des personnalités comme Laurent Fabius par exemple.

Finalement la méthode « attrape-tout » de Ségolène, décrite par Patrick Devedjian, peut énerver, malgré tout elle a le mérite d’écarter un second 21 avril, ce n’est déjà pas si mal.
Par aLx
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Samedi 22 avril 2006

Pays issu de la révolution, la France, a une forte culture de l’émeute et de la contestation du pouvoir. Les syndicats emmènent volontiers des milliers de gens à manifester dès qu’une réforme est engagée par le gouvernement. Aujourd’hui ce sont diverses grandes crises qui ce sont succédées, une contestation contre l’exclusion en novembre et une autre contre la précarité ces derniers mois. A celles-ci pourrait on peut-être ajouter le 29 mai ou comment se replier égoïstement du reste de l’Europe.


Ce qui est frappant c’est de voir la capacité qu’a la jeunesse et la population en général à se mobiliser fortement à la moindre mesure gouvernementale dès qu’un de leur intérêt serait menacé. Nombres de personnes se sont félicitées de la prise de conscience politique que l’épisode du CPE a amené chez les jeunes. Mais de quelle conscience parlons-nous ?


Si c’est pour défendre ses positions, refuser le dialogue, imiter l’autisme fait en amont par la majorité, alors oui en effet la politique s’est vue intégrée dans les lycées et autres universités. Car toutes les crises étudiantes qui ont eu lieu n’ont pas vocation à contester des dossiers graves comme le nucléaire iranien, les crises du Népal ou des problèmes dans des pays d’Afrique. La conception de la politique se veut large et je ne pense pas que refuser un modèle faussement décris par les syndicats soit une sensibilisation significative aux vrais enjeux actuels.


A force de se regarder le nombril, le peuple français risque de passer à côté des vrais débats mondiaux. La montée de l’Islam radical prônant la destruction d’Israël, la construction européenne, les réformes nécessaires au code du travail et de la fonction publique. Autant de sujets qui ne provoquent pas tant d’émulation que ces 2 derniers mois. Pourtant ce sont des sujets vitaux.


Mais enfin les français ont bien d’autres choses à faire, les derniers sondages de 2007 sont tombés, empressons-nous de les commenter, il est vrai que nous ne sommes qu’à un an de la présidentielle. Au diable le déficit public et le risque d’une guerre avec l’Iran, cela attendra bien.


Historiquement, n’est-ce pas ce genre d’attitude de deni du réel qui a conduit le nazisme à s’installer en 1933 ? N’est-ce pas ce comportement qui fait, qu'encore aujourd’hui, personne ne considère l’environnement comme un sujet important dans sa campagne présidentielle –à part les partis concernés bien évidemment, comme si ce genre de préoccupations étaient leur monopole - ? N’est-ce pas ce refus du compromis qui amène la gauche française à être si archaïque vis-à-vis de ses homologues espagnols, italiens ou scandinaves ?

Par aLx
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